L'ENCRE ET L'EAU« La lumière fait pousser des formes
un corps dans le papier
et pourtant rien
cette énigme va et vient
au bout des yeux
le temps n’est pas égal partout
ni sur toutes les peaux
celles que lave l’encre
retiennent une vie sans vie
l’attente close sur elle-même
une illusion lestée de réalité
ainsi sont faites les images
leur avenir est en nous
leur passé porte pourtant
le présent de leur apparition
le sens et l’instant mêlés
puis emballés dans une peau
voilà le secret des visagesl
’âme y vient plus tard
comme une sueur de la mémoire
chaque nom est la prothèse d’un espoir contre la déception
quelqu’un est là sans être là
il faut s’émouvoir du mystèrel’ombre s’y fait blanche
d’ailleurs les gestes les postures
plombent la ligne du temps
leur perpétuelle répétition
dédouble le passé au présent
l’un sur l’autre devenus transparents »
Bernard Noël, Les Yeux dans la couleur, P.O.L, 2004, page 143.
la paume caressant un souffle
le tour d’un regard
quelqu’un disperse à la voléele sens qui conduirait à lui
tout redevient passant
quelques miettes d’écho
l’ombre d’un pied foulant
l’iris écarquillé
un œil jeté à la mer
le ressac sous lui des humeurs
Bernard Noël, La Fable et le Vent [première édition aux Éditions Écarts, 1997], in Le Reste du voyage et autres poèmes, Éditions du Seuil, Collection Points Poésie, 2006, page 194. Préface de François Bon.
un corps dans le papier
et pourtant rien
cette énigme va et vient
au bout des yeux
le temps n’est pas égal partout
ni sur toutes les peaux
celles que lave l’encre
retiennent une vie sans vie
l’attente close sur elle-même
une illusion lestée de réalité
ainsi sont faites les images
leur avenir est en nous
leur passé porte pourtant
le présent de leur apparition
le sens et l’instant mêlés
puis emballés dans une peau
voilà le secret des visagesl
’âme y vient plus tard
comme une sueur de la mémoire
chaque nom est la prothèse d’un espoir contre la déception
quelqu’un est là sans être là
il faut s’émouvoir du mystèrel’ombre s’y fait blanche
d’ailleurs les gestes les postures
plombent la ligne du temps
leur perpétuelle répétition
dédouble le passé au présent
l’un sur l’autre devenus transparents »
Bernard Noël, Les Yeux dans la couleur, P.O.L, 2004, page 143.
la paume caressant un souffle
le tour d’un regard
quelqu’un disperse à la voléele sens qui conduirait à lui
tout redevient passant
quelques miettes d’écho
l’ombre d’un pied foulant
l’iris écarquillé
un œil jeté à la mer
le ressac sous lui des humeurs
Bernard Noël, La Fable et le Vent [première édition aux Éditions Écarts, 1997], in Le Reste du voyage et autres poèmes, Éditions du Seuil, Collection Points Poésie, 2006, page 194. Préface de François Bon.
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